Dominique Bénardeau : Le 2 mai 2017, ma vie a basculé

Je me présente : Dominique, 49 ans, marié, 3 enfants de 23, 13 et 10 ans. J’habite à Brain sur l’Authion. Ma profession est pilote d’essai pour l’armée. Étant donné que je ne peux ni parler ni écrire, c’est mon épouse, Céline, qui écrit ce témoignage en mon nom.
Le 2 mal, j’al fait un grave AVC qui m’a privé de la parole et de la sensibilité de ma main et mon bras droits. Quelques mois suivants mon AVC, j’ai appris que je n’avais plus le droit de conduire. Mon permis était toujours valable, mais les assurances ne me prenaient plus en charge. Donc pas le droit de conduire, même si je m’en sentais capable.
Devant mon insistance à vouloir reconduire. Ergothérapeute des Capucins m’a fait passer une leçon de conduite en octobre 2017. Je me suis alors aperçu qu’il m’était bien difficile de passer les vitesses, à cause de cette main droite que je ne sentais pas. J’étais obligé de regarder, où se trouvait ma main pour passer de vitesse en vitesse. Du coup je ne regardais plus la route. Un peu dangereux tout de même ! Il m’était aussi compliqué d’utiliser le volant avec les deux mains, seule la main gauche travaillait.
Nous avons donc décidé de reporter le projet de conduire à un peu plus tard. Quelle déception
Céline, ma femme, était donc obligée d’assumer tous les transports, emmener les enfants à l’école, au sport, chez les copains, faire les courses, m’emmener à droite à gauche. J’étais totalement tributaire de ma femme. Je n’avais plus aucune liberté.
Les mois ont passé et nous avons décidé de retenter ta conduite en février 2018. J’ai donc lait une deuxième leçon de conduite sur une voiture avec une boite automatique, mais sans boule au volant. Je n’en voulais pas.
C’est parti pour une heure de conduite avec une monitrice ! Quelle joie de rouler ! La botte automatique facilitait la conduite. Je pouvais me concentrer sur la route Ma main droite n’avait pas à passer les vitesses. Je m’appliquais à tourner le volant avec mes 2 mains, pour ne pas être obligé d’avoir une boule au volant. La monitrice m’a fait prendre des tonnes de ronds-points, m’a fait tourner, à droite, à gauche. J’ai tourné mon volant durant cette heure de conduite. La leçon s’est terminée et la monitrice a donné son avis. Bonne conduite, bons réflexes et bonne tenue du volant. » Par conséquent. Elle ne jugeait pas le besoin de mettre une boule au volant, mais il fallait avoir une voiture avec botte automatique. Chouette, une étape validée I Nous avons acheté une nouvelle voiture équipée d’une boite automatique. Il ne restait plus qu’à avoir la validation de mon permis.
Le 30 mars 2018, j’ai rencontré un médecin agréé à la conduite. C’est lui qui allait me rouvrir les portes de ma LIBERTÉ I II m’a posé quelques questions, a lu le compte rendu de l’ergothérapeute et de la monitrice auto-école. Après divers échanges, il a tamponné ce fameux papier qui me permettait de reconduire. J’appelle cela la LIBERTÉ. Tout fier, je suis reparti de chez le médecin au volant de notre nouvelle voiture. Quel plaisir de ressentir à nouveau la joie de conduire. Je ne vous l’ai pas dit, mais conduire a toujours été pour moi une passion I
Enfin, je pouvais me déplacer à ma guise : aller voir mes parents, aller chercher mon fils au collège, emmener mes enfants aux entrainements de foot et de basket… Tous les jeudis, je vais à Avrillé, salle Victor Hugo et j’emmène aussi toute personne. Pour ma femme aussi c’était la LIBERTÉ ! Elle n’avait plus besoin de courir dans tous les sens pour conduire tout le monde. Je pouvais décharger Céline, de certains transports C’est un véritable plaisir de se savoir utile à nouveau.

Dominique et Cécile Bénardeau