« J’ai peur pour lui, jusqu’où accepter le risque ? »

J’ai assisté à une table ronde intitulée « J’ai peur pour lui, jusqu’où accepter le risque ? » avec le philosophe Aurélien Dutier, chargé de mission à l’Espace de réflexion Ethique des Pays de la Loire.

Un fait est à porter à notre attention.

Le droit des personnes âgées (ou peut-être plus jeunes mais handicapées), à prendre part aux décisions qui les concernent et à choisir leurs conditions de vie est aujourd’hui inscrit dans la loi.

La tendance parfois, à surprotéger la personne, la quête du risque « zéro » nous interrogent quant à l’impact sur l’autonomie et la qualité de vie de la personne aidée.

Pour essayer d’y répondre, nous avons tenté de définir les notions de risque et de danger.

Le risque est une notion difficile à cerner Un risque est la probabilité qu’une personne subisse un préjudice ou des effets nocifs pour sa santé en cas d’exposition à un danger. En résumé, le risque est une notion subjective. Il ne sera donc pas appréhendé par tous de la même façon.

Le danger est toute source potentielle de dommage, de préjudice ou d’effet nocif à l’égard d’une chose ou d’une personne (blessure physique, blessure psychique ou atteinte à la santé).

Quelle peut être la place de l’aidant dans tout cela ?

Il/elle n’est pas philosophe, il/elle n’est pas psychologue, il/elle est confronté(e) à un dilemme. Il/elle doit prendre une décision en tenant compte de sa propre représentation du risque encouru par la personne aidée, du respect de cette dernière et de sa liberté et enfin de la protection qu’il recherche pour lui-même.

L’aidant(e) qui a pris, seul(e), une décision peut culpabiliser. Il/elle peut être critiqué(e) car l’autre n’a pas la même analyse que lui. De même, l’aidant(e) peut ne pas comprendre les décisions prises par les personnels de santé car ces derniers n’ont pas la même approche du risque et la même émotion !

Afin d’argumenter notre réflexion voici un sujet qui nous interpellé : la contention. La contention des personnes permet d’éviter certains risques (chutes, fugues…). Il existe alors entrave à la liberté. On peut se demander aussi qui souhaite-on protéger ?

De la même façon : quand doit-on présenter des aliments mixés ? Si l’aidé aime manger, goûter, doit-on le priver de ce plaisir pour éviter la possible fausse-route et ainsi le conduire à un état dépressif ?

En conclusion, tout au long de cette table ronde, beaucoup de questions, beaucoup de témoignages ; peu de réponses pratiques et concrètes étant donné la subjectivité des définitions.

Pour ma part, cette mise au point m’a permis de relativiser.

A mon sens, il s’agit d’éviter de culpabiliser par rapport aux décisions prises et d’éviter de se laisser envahir par les jugements de ceux qui ne sont pas à notre place. La culpabilité est une notion naturelle, elle est en chacun de nous.

Nous pouvons écouter et apprendre de l’autre.

extrait du bulletin n°12. D.C.