Mon vécu suite à l’AVC de Charly

Juste 9 mois après le début de ma retraite, le 1er mars 2012, tout a basculé quand Charly a fait un A.V.C.

Après une semaine à l’hôpital, Charly est rentré à la maison. Pas de consultation de neurologue, de psychologue. Pas d’orthophoniste, (l’hôpital n’en pas trouvé…) Pas d’explications précises sur son état, sur sa rééducation. Seul un suivi est préconisé.

Du coup, compte tenu de sa personnalité, je savais qu’il était très Important pour Charly de pouvoir reparler. Ainsi, j’ai moi-même cherché. J’ai dû téléphoner à au moins une dizaine d’orthophonistes autour de notre village. Mais, nous étions en Ardèche, et là, le médical y est restreint et pas facile d’accès routier. C’est à 30 kms de la maison qu’une orthophoniste a bien voulu s’occuper de Charly. Elle a été au top, pendant 2 mois. Ensuite celle de notre village l’a pris en charge.

A l’aube de ma retraite, nous avions fait des projets du fait de l’éloignement de nos enfants et de nos familles. Bien évidemment, plus question de voyager dans l’immédiat, plus de projets. J’étais très en colère, je trouvais que c’était injuste I J’ai tout assumé : la maison, les courses, s’occuper de Charly… J’étais très seule. Ça a été un combat difficile. J’avais connu un Charly plein de culture et d’humour, il commençait à se renfermer, avait des difficultés pour tenir une conversation. Je pris un jour conscience que je ne savais plus moi-même m’exprimer, je cherchais mes mots… ça m’a fait peur. Je savais que ma vie ne serait plus la même, mais je ne l’acceptais pas, passant par différentes phases : la colère, l’injustice, la culpabilité, mais toujours présente pour tout. Plus de sorties avec les amis. Charly ne voulait ou ne pouvait pas. Les 4 murs de la maison, je les ai détestés Je me suis épuisée, je ne m’occupais plus de moi, ni pour les contrôles médicaux de base, ni pour des rendez-vous ou loisirs perso.

Quand nous sommes arrivés en Vendée, j’ai repris ma vie en main. Pas facile car Charly, très pos­sessif ne supportait pas de me voir m’absenter, de faire des choses sans lui, ça a été la galère. Nous avons rencontré des personnes d’Aphasie 85 et cela a été positif.

Désormais à proximité d’Avrillé et avec Aphasie 49, c’est encore mieux. Charly apprécie beaucoup ces rencontres. Moi, je peux échanger avec les aidants.

Aidants, aidés chacun y trouve son compte !