Témoignage de Christine Le Guyader

Le 13 juillet 2006, sous la douche, J’ai eu Lune sensation bizarre. C’était comme si mes oreilles se bouchaient. Je me suis habillée, je suis allée dans la cuisine où je me suis adressée à mon fils et là aucun son ne sortit de ma bouche. J’ai tout de suite pensé à Marie-Claude (Guéret) J’ai écrit sur un bout de papier « pompiers ». Je pouvais encore me servir de la main droite.
Le médecin a commencé à m’ausculter. Je sa¬vais qu’un AVC (accident vasculaire cérébral) devait être traiter en urgence. J’ai repris mon stylo, j’ai inscrit AVC et j’ai fait signe de prendre la direction d’Angers.
Urgences — scanner = une lésion hémorragique frontale gauche. Artériographie cérébrale (par l’artère fémorale, une minuscule caméra, sous anesthésie locale va filmer ce qui se passe là-haut). Elle montre une malformation artérioveineuse cérébrale, une lésion hémorragique alimentée seulement par une branche unique de l’artère cérébrale moyenne et se drainant par une unique veine.
Le traitement de cette malformation est discuté par le staff de neurochirurgie. Je dois être opérée.
Le 26 juillet j’ai été trépanée. J’aime bien ce mot !
A 15h Philippe, mon mari, a rencontré le neurochirurgien : cela s’était bien passé et même mieux qu’Il ne pensait. J’ai réclamé à boire et donc le risque d’aphasie était très faible.
Suites opératoires : déficit du membre supérieur droit concernant essentiellement les doigts et les mouvements de préhension ainsi qu’une aphasie de type Broca.
J’avais mes enfants de 19, 16 et 12 ans à cette période. Donc, je devais me battre pour guérir au plus vite. Mon mari et mes enfants m’ont aidé
Grâce à leur humour par exemple.11s disaient que j’avais pris l’accent belge !
Le 31 juillet, j’étais de retour à la maison. La rééducation de la main droite est prise en charge par le Centre des Capucins et l’orthophonie en libéral.
Le 9 août, l’artériographie montre qu’une légère malformation artérioveineuse est toujours pré¬sente. Mais je dois uniquement me consacrer à ma rééducation.
Vers la fin août j’ai totalement récupéré de la main droite et je progresse rapidement pour le langage.
Début décembre 2006 je reprends à travailler à mi-temps.
Début mars une nouvelle artériographie confirme la dernière. Je dois aller à Nantes, consulter un autre neurologue spécialisé en radiochirurgie à l’hôpital Laënnec.
Le 12 avril 2007 je suis donc allée me faire irradier. Pour ce faire, on m’installe sur la tête un cadre de repérage vissé sur mon crâne (sous anesthésie locale). L’irradiation est effectuée en une seule fois et le cadre est enlevé.
Tout va pour le mieux. J’ai pu reprendre mon travail à plein temps et mes activités de loisirs.
Le 26 janvier 2010, je finissais les soins d’une patiente, une quinte de toux m’a prise (depuis plusieurs jours je toussais fortement) J’ai donc terminé très rapidement avec ma cliente. Seulement quelques marches me séparaient de la maison mais Je n’ai pas pu les grimper. J’avais refait un AVC !!!
Comme c’était le vendredi soir, les enfants étaient dans la maison à côté du cabinet mais ne s’inquiétaient pas. Mon mari était lui en réunion à Nantes. C’est une patiente, qui savait que je n’étais jamais en retard pour mes rendez-vous qui s’est permise d’entrer et m’a découverte au bout de 2 heures. Pompiers – Urgences à Angers et hospitalisation en soins Intensifs. Artériographie et embolisation du même congloméra d’artères et de veines que mon précédent AVC. C’est une procédure qui consiste à injecter dans le vaisseau anormal un produit pour former une thrombose de ce vaisseau pour le fermer et donc arrêter ou prévenir un saignement.
Cette fois-ci, je ne me battais plus comme la première fois. Je me laissais aller et j’étais dépressive.
Je suis retournée aux Capucins. Ma main droite fonction¬nait mal. Je pouvais parler, tout en cherchant mes mots. Je suis allée dans une clinique pour ma dépression et j’ai réappris à vivre.
J’ai passé deux artériographies, le résultat montrait qu’Il y avait un micro-foyer hypervascularisé en lieu et place de la malformation artérioveineuse, associé à quelques micro-shunts (passage de sang) mais de débit lent.
J’ai dû accepter de ne pouvoir récupérer la totalité de mes capacités. Les débuts furent difficiles car j’étais encore très jeune pour ne plus travailler mais il m’a bien fallu me rendre à l’évidence.
Nous avons déménagé un peu plus dans la campagne pour avoir plus de terrain pour que je puisse m’en occuper. Petit à petit je me suis faite à ridée de ne plus travailler. J’ai repris mes activités de loisirs et je m’en suis créées d’autres.